Histoire d'une pièce phare.

J'avais envie de vous parler d'une des pièces phares qui marque mon dressing et influence du coup très fortement le vestiaire de LOMELA.


Lomela est une marque dont l'une des valeurs clés est la transmission d’un héritage à travers le vêtement.C'est donc tout naturellement que je sélectionne des pièces, (vêtements , accessoires et objets) qui ont une résonance particulière et font écho à des souvenirs d'enfance).


Alors, laissez- moi vous parler aujourd’hui de la chemise d’homme.



Je n’ai jamais été très à l'aise avec les vêtements près du corps.

Je n’aime pas me sentir engoncée dedans. Aussi, plus jeune, j’ai très vite apprécié le confort de pièces amples dans lesquelles je me sentais libre de mes mouvements .

C'est dans le vestiaire masculin que j'ai trouvé à la fois une nouvelle source d'inspiration qui m'a permis d'élargir mon champ de créativité.

Au fond, la chemise, la veste de costume, les derbys et les mocassins et beaucoup d’autres pièces chics de ce vestiaire masculin ont fait partie de mon environnement quotidien sans que j’y prête vraiment attention. C'était le dressing de mon père: de multiples chemises impeccablement repassées et suspendues dans sa penderie, les chaussures cirées, les boutons de manchettes rangées dans leur boîtes, les cravates en soie, les ceintures de cuir...je m'en souviens maintenant, le tout imprégné d'un parfum de caractère: KOUROS.


Mais quand à l'adolescence, j’ai commencé à porter des chemises d’homme achetées en friperie, mes parents avaient déjà divorcé.

Est-ce que je trouvais refuge dans des pièces du vestiaire masculin ? Était-ce une manière inconsciente de témoigner de la présence de mon père? Alors là, c’est un mystère et un grand chantier de psychanalyse à creuser! Mais on n'est pas là pour ça.





Avec le recul que j’ai maintenant, je me rends compte à quel point j’ai toujours aimé observer mes parents, mes oncles et mes tantes.Regarder leur style, leur coiffure, leur gestuelle, la reproduire, ou m'en inspirer pour créer mes propres looks, mes propres silhouettes.


Quand j'étais plus jeune, il y avait de nombreuses occasions de se retrouver en famille, de grandes fêtes, des repas… les dix premières années de ma vie ont été rythmées par ces périodes très riches de partages familiaux en tout genre, et c'était fascinant pour moi, de voir comment toutes ces personnes étaient sapées et coiffées d’une certaine manière.

Tout cela a énormément influencé ma vision de la mode et mon rapport aux vêtements.


Mon goût pour la couleur et les associations farfelues s’explique certainement par mes origines zaïroises et tout ce que j’ai pu voir à cette période en matière de mode vestimentaire.


Mais, pour en revenir à la chemise, et plus particulièrement à celle de mon père, je dois vous dire que c'était sa pièce phare à lui. Je ne sais même pas si il s'en rendait compte. Si cela était un choix conscient. C'était tellement naturel, évident. Comme certains portent des tee-shirt sans se poser de question, lui il portait des chemises.

J’ai rarement vu mon père en tee- shirt, si ce n’est que pour dormir…


Il portait des chemises à manches longues (ou courtes en été) extrêmement bien repassées. Un détail qui compte.


Si par le passé je portais des chemises d’homme, uniquement par goût et confort, aujourd’hui qu’il n’est plus là, j’ai maintenant la sensation qu'à travers ce vêtement, j’essaie plus que jamais de conserver encore un peu de son souvenir avec moi.





Ici, je porte une chemise d'homme Yves Saint Laurent,

Et je me rends compte que c'est la première fois que je porte une pièce qui appartenait à mon père.


Patience.






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